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A New York, des artistes affichent leurs oeuvres dans les magasins fermés

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A New York, des artistes affichent leurs oeuvres dans les magasins fermés – Capital.fr

« Il y a davantage de lieux disponibles et beaucoup plus de lieux que les gens sont prêts à nous donner en ce moment », explique une responsable de l’association en charge du projet.

A New York, des artistes ont investi les vitrines vides et les locaux de magasins ayant dû fermer à cause de la pandémie, une façon pour eux de gagner en visibilité tout en revitalisant des rues commerçantes abandonnées. « Parfois on dit que la tragédie fait naître une opportunité », explique le dessinateur Sir Shadow qui crée actuellement ses oeuvres au sein d’une ancienne boutique de meubles à Manhattan.

Le septuagénaire est aidé par l’association Chashama qui depuis 25 ans persuade des propriétaires d’offrir temporairement leurs locaux vacants à des artistes en difficulté pour qu’ils s’en servent de studio et de lieu d’exposition. La fermeture de milliers de commerces et de restaurants cette année à cause du virus, conjuguée à la difficulté qu’ont les propriétaires à louer ces lieux vacants a permis à l’organisation d’élargir son périmètre d’action.

Chashama, qui dispose déjà de 150 studios, prévoit ainsi d’occuper 100 nouveaux espaces d’ici l’année prochaine. « Il y a davantage de lieux disponibles et beaucoup plus de lieux que les gens sont prêts à nous donner en ce moment », confirme Anita Durst, fondatrice et directrice artistique de l’association.

Les artistes prennent possession de l’espace gratuitement et bénéficient de la totalité des recettes des ventes, un cadeau du ciel dans une ville comme New York où les loyers des surfaces commerciales sont exorbitants et où les galeries prennent habituellement une commission. Les propriétaires gagnent aussi au change dans ce dispositif qui voit les artistes quitter les lieux une fois l’espace loué.

« Nous faisons en sorte que l’endroit soit beau. Nous sommes là pour ouvrir les portes aux agents immobiliers. En un sens, nous essayons d’aider à la location de l’espace », souligne Mme Durst.

Remonter le moral

Une initiative similaire a vu le jour dans le quartier huppé de l’Upper West Side où les façades de l’artère commerciale Columbus Avenue exposent désormais les travaux d’artistes locaux. Peintures à l’huile, toiles à l’acrylique et photographies ornent les vitrines des magasins aux côtés de panneaux « Espace commercial disponible » dans le cadre de l’exposition Art on the Ave, qui s’achèvera le 31 janvier.

Photochroms de rêve de la ville de New York, années 1900


Jérémie Duval

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Photochroms de rêve de la ville de New York, années 1900 – Betanews.fr

Ces étonnantes cartes postales photochrom de New York ont ​​été achetées par la Detroit Publishing Company et offrent une vue spectaculaire sur la Big Apple dans des couleurs naturelles.

En 1898, la ville moderne de New York a été formée avec la consolidation de Brooklyn (jusqu’alors une ville distincte), le comté de New York (qui comprenait alors des parties du Bronx), le comté de Richmond et la partie ouest de la Comté de Queens.

L’ouverture du métro en 1904, d’abord construit en tant que systèmes privés séparés, a aidé à lier la nouvelle ville ensemble. Tout au long de la première moitié du XXe siècle, la ville est devenue un centre mondial pour l’industrie, le commerce et la communication.

Le procédé photochrom a été inventé par Hans Jakob Schmid dans les années 1880 et impliquait de prendre des comprimés lithographiques et de les enduire d’un mélange chimique qui leur permettrait de retoucher les images avec des teintes de couleur. En Amérique, la Detroit Publish Company a autorisé la technologie à utiliser pour sa propre série de lieux américains.

es estampes ont souvent une bordure dorée distinctive et une description en une ligne de l’emplacement et ont été principalement réalisées entre 1890 et 1910. Les photochroms étaient populaires comme souvenirs, en particulier pour les voyageurs. Les gens les conservaient souvent pour des albums photo ou les faisaient encadrer.

Au plus fort de son succès, la Detroit Publishing Company a maintenu des marchés à Detroit, New York, Los Angeles, Londres et Zurich. Ils ont continué à élargir leurs gammes en vendant des images dans des boutiques populaires, des lieux touristiques et aussi par correspondance. Pendant la Première Guerre mondiale, les ventes de photographies et de cartes postales ont commencé à décliner.Voir aussi  Q

Avec l’avènement de nouvelles méthodes d’impression peu coûteuses utilisées par les entreprises concurrentes, cela a finalement fait des ravages sur le DPC et a contraint l’entreprise à la mise sous séquestre en 1924. Après avoir lutté pendant les huit années suivantes, le DPC a finalement liquidé tout ses actifs en 1932.

Le calendrier de l’avent de Vision de New York

A partir du 1° décembre je vous proposerais un petit calendrier de l’avent, avec les photos et le texte de Manhattan Ghost

https://ward.noirduo.fr/index.php?page=manhattan-ghost

Et puis vous pourez gagner des livres pour Noël en lisant et en regardant les photos.

Vous trouverez aussi la playlist pour écouter de la musique en lisant l’histoire et en admirant les photos.

Rendez-vous le 1° décembre sur ce blog

https://www.visiondenewyork.photos/

Khalik Allah et les toxicomanes somptueux de Harlem

pour lire l’article et voir les photos cliquez ci-dessous

https://www.numero.com/fr/photographie/khalik-allah-125-lexington-avenue-new-york-interview-alexis-thibault-wu-tang-clan-popa-wu-five-percent-nation-nobuyoshi-araki-robert-frank-daido-moriyama-sapphire

Khalik Allah sillonne depuis l’âge de 14 ans les rues de New York avec son appareil photo. Ce vidéaste et photographe affilié à la prestigieuse agence Magnum pose un regard humaniste et engagé sur la réalité crue des quartiers défavorisés de la ville.Par Alexis Thibault .

Le soir, Sapphire erre souvent dans les rues de New York. Surtout à l’angle de la 125e Rue et de Lexington Avenue, plaque tournante du trafic de drogue où des silhouettes fantomatiques vagabondent et se défoncent au K2, un cannabis de synthèse cent fois plus puissant que la marijuana. Le cadre de la photographie ne permet pas vraiment de dire où cette fille sans âge a fait halte dans la nuit noire. On apprendra plus tard qu’elle rêvassait à quelques mètres d’un centre de désintox. Ironie du sort, on distingue une fin de joint qui rougeoie encore entre ses doigts… Sapphire est une fumeuse infatigable que Khalik Allah photographie souvent. Maintenant, elle lui fait entièrement confiance et le laisse approcher. Sur ce portrait de 2013, ses yeux injectés de sang fixent le ciel, tandis qu’un filet de fumée s’échappe de ses lèvres charnues. Sa pose rappelle celle de James Baldwin photographié dans sa maison de Saint-Paul-de- Vence trente ans plus tôt. Sous ses airs de Nina Simone complètement stone, elle semble savourer ce moment de quiétude, un court entracte qui la repose de son quartier moribond et chaotique. Qui sait à quoi elle pouvait bien penser à ce moment-là…

“La nuit, dans les rues de Brooklyn, le plus grand danger c’est votre propre peur.”

Khalik Allah n’aime pas commenter ce qui se cache derrière ses portraits : les photographies parlent d’elles-mêmes. S’il raconte volontiers l’histoire de Sapphire, c’est parce que cette image d’elle est sa favorite. À New York, des centaines de milliers de types déambulent chaque jour dans la ville, un appareil autour du cou. Mais aucun d’entre eux n’arrête son regard sur ces visages de l’Amérique que raconte le photographe : des anonymes aux traits émaciés et aux yeux écarlates, des rôdeurs aux dents jaunies par le tabac, des citoyens américains qui, d’ordinaire, n’attirent que l’objectif des caméras de surveillance… En 2015, Khalik Allah filme les nuits d’été étouffantes de New York et braque sa caméra sur ces “field niggas”, éponymes de son documentaire. L’expression est empruntée à un discours prononcé en 1963 par le défenseur des droits de l’homme afro-américain Malcolm X, porte-parole de la Nation of Islam. “Dans ‘Message to the Grass Roots’Malcolm X évoque les différents régimes d’esclavage, explique le photographe. Au XVIIIe siècle, on distinguait notamment les ‘nègres de maison’ des travailleurs des champs, plus fréquemment torturés et tués que les premiers : les field niggas. Les field niggas d’aujourd’hui mendient dans les rues de New York, esclaves de l’industrie capitaliste. Tout le monde se contrefout des gens que je photographie.”

À 35 ans, Khalik Allah ne s’est jamais considéré comme un photojournaliste. Pourtant, dans les rues malfamées de Brooklyn et de Harlem, il se comporte presque comme un reporter, partant à la rencontre des toxicomanes que beaucoup de citadins observent comme des bêtes sauvages, ne voyant en eux que la part terrifiante. “J’utilise mon corps en guise de zoom, analyse-t-il. Lorsque j’approche quelqu’un, je recherche sa part d’humanité, cette étincelle qui sommeille en lui et qu’il ne soupçonne même pas. Car je veux prendre une photo ‘avec’ lui. Lorsque j’ai son accord, je capture alors son regard. Les yeux ne sont-il pas les fenêtres de l’âme ?” Khalik Allah est toujours pleinement conscient de ce qu’il fait. Même s’il ne porte pas d’arme sur lui et n’a jamais été attaqué, il sait pertinemment qu’un ennemi invisible guette en silence dans la pénombre : “La nuit, dans les rues de Brooklyn, le plus grand danger c’est votre propre peur.”

“J’aurais pu me contenter de photographier des stars ou de produire de jolies images pour les magazines. Mais pour raconter quoi ? J’ai préféré me laisser avaler par la ville pour immortaliser les gens qui affrontent la rue.”

Né en 1985 d’un père iranien et d’une mère jamaïcaine, Khalik Allah est le troisième enfant d’une fratrie de cinq garçons. Originaires de Bushwick (Brooklyn), un quartier considéré jusqu’à la fin des années 90 comme l’un des plus dangereux de New York, ses parents quittent ce haut lieu du street art pour rejoindre Flushing, un endroit qui concentre une bonne partie de la classe moyenne du Queens. C’est ici que grandit ce gosse débrouillard qui exècre l’école et fait ses armes seul dans les rues de Harlem. En parcourant le berceau du jazz, il rencontre Eglin Turner et Jason Hunter – plus connus sous leurs alias Masta Killa et Inspectah Deck – deux des neuf membres du Wu-Tang Clan, groupe de hip-hop légendaire fondé en 1992. Sans jamais se séparer de son Caméscope, Khalik Allah, 14 ans à peine, les suit dans leurs pérégrinations new-yorkaises. Les rappeurs semblent amusés par ce gamin qui, avec sa caméra, explore les moindres recoins de la Grosse Pomme. C’est aussi à cette époque qu’il découvre la Five- Percent Nation, une branche de la Nation of Islam militant pour les droits des Afro-Américains, fondée en 1964 par un certain Clarence 13X, vétéran de la guerre de Corée. Au contact de ses membres, il en apprend davantage sur son identité de rejeton métis, et bientôt il ne jure plus que par les Twelve Jewels of Islam, une série de préceptes comme la liberté, la justice, l’égalité, le savoir ou la paix, censés aider à comprendre l’Univers… Cependant, ce n’est pas avant 2010 que Khalik Allah signe son premier film, Popa WU: A 5% Story, une immersion old school dans la psyché de Popa Wu, producteur de musique et mentor du Wu-Tang Clan.

Khalik Allah se souvient parfaitement de son premier appareil photo. Ce Canon AE-1 à boîtier métallique, lourd et entièrement manuel ne sortait de son étui qu’une ou deux fois par an, pour les réunions de famille de Noël et de Thanksgiving. Privilège suprême, son père avait accordé à Khalik le droit de s’en servir, contrairement à son frère aîné. Il va sans dire que le jeune homme se prend aussitôt de passion pour la photographie : “Si j’avais commencé avec un appareil photo plus performant, je n’en serais sans doute jamais arrivé là ! commente- t-il avec le recul. J’étais contraint de développer moi-même mes images et j’apprenais de mes erreurs. J’aurais bien sûr pu me contenter de photographier des stars ou de produire de jolies images pour les magazines. Mais pour raconter quoi ? J’ai préféré me laisser avaler par la ville pour immortaliser les gens qui affrontent la rue. L’espace d’un instant, j’infiltre leur vie. Mon travail prend alors tout son sens.

Ce grand amateur de hip-hop définit ses photographies comme des “paroles visuelles”. Personne n’a poussé Khalik Allah à devenir photographe, mais de grands maîtres de l’image ont évidemment transformé sa façon de voir le monde : Robert Frank, William Klein, Jamel Shabazz ou Daido Moriyama, qui compare la photographie à une véritable chasse. Du travail de Nobuyoshi Araki, il apprécie le caractère intrépide. De Henri Cartier-Bresson, il retient un ouvrage : The Decisive Moment (1952) [Images à la sauvette], qui lui a presque tout appris : “Il faut être constamment en alerte, et avoir de la considération pour ceux que l’on photographie”, lance le photographe en guise de credo. “Avant d’appuyer sur le déclencheur, il est impératif de s’impliquer physiquement.

Récemment affilié à l’agence de presse photographique Magnum Photos, Khalik Allah est soumis à une période d’essai de deux ans sous la houlette d’un de ses membres. À l’issue de celle-ci, il deviendra peut-être officiellement un “photographe associé”, employé à plein temps par la coopérative, sans en être encore sociétaire. Quoi qu’il en soit, Khalik Allah ne compte pas changer de voie pour autant et n’a pas “l’intention de shooter avec un Leica”, ces appareils haut de gamme dont se servent la plupart de ses confrères. Il en faudra également bien davantage pour qu’il abandonne Sapphire, Rondoo, Frenchie et tous les autres locataires temporaires des rues de Harlem, ces monstres somptueux et fragiles qui hantent quotidiennement l’angle de la 125e Rue et de Lexington Avenue.

New York au cinéma

par Bernard Pichon | Nov 5, 2020 | ActualitésAmérique – NordCulture

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https://www.pichonvoyageur.ch/new-york-au-cinema/

De nombreux films célèbres ont beaucoup contribué au succès touristique de la mégapole. Certaines images font figure d’archives, notamment celles incluant le World Trade Center.

« Quelque part, là-bas, très loin, New York la démente, la ténébreuse, vomissait son nuage de fumées et sa vapeur brune ». Jack Kerouac / Sur la route : Le rouleau original

Faut-il qu’elle soit photogénique pour que la Grosse Pomme ait servi de décor à autant de films sur petit ou grand écran (même si certains quartiers d’autres mégapoles – Toronto, en Particulier – ont figuré NYC dans certaines productions). En voici quatre, parmi d’autres.

New York en dix regards

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Marilyn Bridges, Langdon Clay, Larry Fink, Seymour Jacobs, Clemens Kalischer, Michael Kenna, Edward Steichen, Alfred Stieglitz et Michel Vanden Eeckhoudt : autant de points de vue sur une ville mythique, présentés à Ixelles.

uatre personnages évoluant dans le Coney Island des années 1950 dans Wonder Wheel , le dernier film de Woody Allen actuellement au cinéma ; Brooklyn et Manhattan déclinés en quatre versions d’un même destin, des années 1940 aux années 1960, au fil des mille pages de 4321 , le colossal roman de Paul Auster paru en français le mois dernier : New York est partout, toujours, incontournable phare dans la nuit atlantique, dont l’histoire est intimement mêlée à celle de la modernité et donc, du cinéma et de la photographie.

C’est cet angle ô combien séducteur et efficace qu’a choisi Alain D’Hooghe pour une exposition collective qui ne manque pas de charme : la ville « la plus photogénique au monde » selon le galeriste est aussi statistiquement la plus photographiée – devant Rome, Barcelone et même Paris ! « Exubérante, irréelle, excessive, trépidante, parfois impitoyable, New York semble familière même à ceux qui n’ont jamais foulé son bitume. Ce paradoxe est le fait du cinéma, de la littérature, de la musique populaire. Et de la photographie. Quels que soient nos origines, notre âge, nos goûts, notre parcours, nous “ connaissons” New York », déclare-t-il.

Et pour rappeler cet ancrage historique, l’exposition offre une rare sélection de photogravures extraites de la revue Camera Work, publiée par Alfred Stieglitz (1864-1946) au tout début du XXe siècle : figurent l’emblématique « Flatiron Building » immortalisé dans la brume par Edward Steichen (1879-1973) en 1904 ainsi que cinq vues de « Big Apple » par Stieglitz lui-même, dont une icône de l’histoire de la photographie, The Steerage (L’entrepont), à la croisée du courant pictorialiste et d’un modernisme précoce tirant vers le cubisme.

Michael Kenna (né en 1953) et Marilyn Bridges (née en 1948) nous immergent également dans le bâti new-yorkais avec les inlassables promenades de l’un, paysagiste anglais qui livre ses points de vue inédits sur la ville, et les vues aériennes de l’autre : Bridges a réalisé toutes ses vues depuis des petits avions monomoteurs ou, plus rarement, des hélicoptères, offrant un point de vue inhabituel et vertigineux sur les gratte-ciels les plus fameux de Manhattan !

Portraits d’inconnus

New York, c’est aussi – et peut-être avant tout – sa foule bigarrée, témoignant d’une histoire de l’immigration que la littérature et le cinéma n’ont pas non plus manqué de sublimer. Déjà montré par la Box Galerie en 2015, Larry Fink (né en 1941) a démarré sa prestigieuse carrière à New York, emménageant à Greenwich Village, au sud de Manhattan, à la toute fin des années 1950. Épicentre de la contre-culture, le Village lui ouvre alors les portes du jazz, de la drogue et de la poésie alternative : Fink s’y lie d’amitié avec une bande de marginaux rassemblés autour de la figure de Turk LeClair. Attachés au langage corporel et fascinés par les codes sociaux, les clichés qu’il expose cette fois-ci nous ramènent à la fin des années 1970, dans l’ambiance du Studio 54.

Dans le sillage de Diane Arbus, Seymour Jacobs (1931-1999), natif de Coney Island, s’est quant à lui attaché à saisir sans relâche la plage de Brighton, l’une des plus populaires de Brooklyn – une démarche remarquée de ce côté de l’Atlantique, avec entre autres une exposition au Musée de la Photographie à Charleroi. La série exposée ici est inédite : réalisée dans un dancing de Coney Island, elle met en scène des personnages qu’on pourrait croire tout droit sortis d’un film de Martin Scorsese ou de John Cassavetes – des hommes et des femmes en lutte avec la vanité, le désir et la peur de vieillir : « Jacobs les observe avec une empathie et un sens du tragique qui constitue le fil rouge de toute son œuvre », déclare Alain D’Hooghe.

Citons enfin les clichés empreints de poésie du Belge Michel Vanden Eekchoudt (1947-2015) et les étonnants « portraits » nocturnes réalisés par Langdon Clay (né en 1949), qui s’est servi de l’éclairage public pour mettre en scène le chrome et l’acier des voitures arées le long de trottoirs déserts – autant de symboles de l’Amérique du XXe siècle qu’on se surprend parfois à la regretter.

« New York New York », jusqu’au 17 mars, Box Galerie, du mercredi au samedi de 12 à 18h, 102 chaussée de Vleurgat, 1050 Bruxelles, 02-537.95.55, www.boxgalerie.com

Près de 7 millions de dollars pour des street-artistes qui ont vu leurs fresques ruinées

Par Journaliste Figaro AFP agence
Publié le 13/02/2018 à 20:02

Les tags et les peintures sur un ancien bâtiment industriel du Queens avaient été recouverts de peinture blanche en 2013. La justice américaine a condamné le propriétaire des lieux à dédommager les vingt et un artistes .

Leurs graffitis avaient été recouverts de peinture en 2013 puis détruits par le propriétaire du lieu, à New York: des artistes vont recevoir 6,7 millions de dollars de dommages et intérêts, a tranché la justice américaine. Le site, baptisé 5Pointz, avait été utilisé pendant plus de vingt ans comme lieu d’expression pour les graffeurs, avec l’accord du propriétaire, Gerald Wolkoff. Mais en novembre 2013, le propriétaire de cette ancienne usine de compteurs à eau situé à Long Island City, à l’extrême sud-ouest du Queens, avait fait repeindre en blanc, sans préavis, toutes les œuvres qui recouvraient les murs.

Une opération d’autant plus mal vécue par le collectif de graffeurs que celui-ci avait préalablement saisi la justice pour faire valoir ses droits. À l’époque, 5Pointz était devenu, selon les termes mêmes du juge mandaté initialement, «le lieu de résidence de la plus grande collection d’art à la bombe (de peinture) aux États-Unis».

Des œuvres d’art «reconnues»

Gerald Wolkoff et un groupe de promoteurs ont ensuite rasé le site et fait ériger deux tours de logements haut de gamme. Un faux graffiti «5Pointz» a été placé dans le hall de chacun des immeubles, pour commémorer l’histoire du site. Quatre ans après les faits, un procès a finalement eu lieu en octobre et novembre derniers, durant trois semaines.

Lors des débats, l’avocat des Wolkoff, David Ebert, a fait valoir que les artistes savaient dès le départ que le bâtiment serait détruit et que rien ne prouvait que leur réputation en avait pâti. Début novembre, le jury avait néanmoins estimé que plus de la moitié des quarante-neuf œuvres citées dans le dossier méritaient d’être considérées comme des œuvres d’art «reconnues» et que chacun des vingt et un artistes concernés avait droit à dédommagement.

Mais Gerald Wolkoff ayant renoncé à être jugé par un jury, il appartenait au juge fédéral Frédérick Block de se prononcer. Dans une décision écrite publiée lundi, le magistrat a attribué aux vingt et un artistes un total de 6,75 millions de dollars, dont 1,325 million au seul Jonathan Cohen, plus connu dans le monde du graffiti sous le pseudonyme «Meres One».

«Cette décision est une indication claire que l’art à la bombe est dans la même catégorie que les arts réputés, également digne de protection légale», a réagi l’avocat des artistes, Eric Baum, auprès de l’AFP. Contacté par l’AFP, le conseil de M. Wolkoff n’a pas immédiatement donné suite.

Il photographie d’incroyables coïncidences dans les rues de New York

Il photographie d’incroyables coïncidences dans les rues de New York

Depuis près de 10 ans, Jonathan Higbee arpente les rues de New York, appareil photo à la main, à la recherche d’instants furtifs et de coïncidences à immortaliser sur la pellicule. Un travail de longue haleine !

Il photographie d’incroyables coïncidences dans les rues de New York

By Ophelie B.
Twitter : @ | 31 janvier 2018
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Depuis près de 10 ans, Jonathan Higbee arpente les rues de New York, appareil photo à la main, à la recherche d’instants furtifs et de coïncidences à immortaliser sur la pellicule. Un travail de longue haleine !

Saisir l’instant dans les rues de New York

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jonathan Higbee sait ce que signifie « prendre son mal en patience ».

Depuis une dizaine d’années, ce photographe de renom récompensé au grand prix de la photographie de rue en 2015 et lauréat d’un award en 2016, a fait de la ville de New York son terrain de jeu. Il passe ainsi des heures dans les rues à observer les passants et de nombreux détails qui échappent au commun des mortels.

Il donne alors vie à des photos extraordinaires qui, un bref instant, présentent des coïncidences ou des moments loufoques.

Entre deux pans de building, on découvre des passants qui semblent sortir tout droit d’une autre dimension tandis que des juxtapositions entre éléments fictifs et réels et des matérialisations concrètes de pensées donnent lieu à des situations cocasses et drôles.

Pour découvrir tout le travail de Jonathan, rendez-vous sur son compte Instagram.
https://www.instagram.com/aliveisthecity/

Pour visiter le Met à New York, les touristes paieront le prix fort

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Vingt-cinq dollars ou rien. Au Metropolitan Museum of Art, le prix de l’entrée était depuis 50 ans laissé au libre choix des visiteurs. Une politique tarifaire avantageuse qui vient de prendre fin en raison de la situation financière difficile de l’établissement.

Le Metropolitan Museum of Art (Met) de New York est un haut lieu de l’art en plein Manhattan. Fondé en avril 1870, le musée propose à ses visiteurs un panel d’œuvres traversant les siècles puisque cinq millénaires y sont représentés.

Depuis 50 ans, le «Met» (comme on le surnomme) pratiquait une politique tarifaire pour le moins incongrue: le «Pay-as-you-wish» («payez comme vous le souhaitez»). Si le prix d’entrée indiqué était de 25 dollars (soit un peu plus de 20 euros), il revenait au bon vouloir du visiteur de convenir lui-même, selon ses moyens et ses envies, de l’argent qu’il voulait bien dépenser pour s’acquitter du droit d’entrée. Il était même possible de visiter gratuitement l’endroit. Mais les temps ont changé. La direction du musée a en effet annoncé le 4 janvier que cette politique du prix variable ne serait plus applicable que pour les seuls résidents de New York ou encore les étudiants du New Jersey et du Connecticut (les États limitrophes). La décision entrera en application au 1er mars de cette année.

La nouvelle est loin d’être passée inaperçue. Sur le réseau social Twitter, nombre d’internautes interrogent le musée sur les détails de la nouvelle organisation. «Le ticket plein tarif est maintenant valable pour trois jours, c’est bien ça?», écrit par exemple Karin C Garfin. Et le compte officiel du Met de répondre par l’affirmative. Selon les statistiques prévisionnelles du musée, le nouveau tarif obligatoire pour les touristes concernera 31% des visiteurs. C’est Daniel Weiss, nouveau directeur du célèbre établissement depuis le mois de février 2017, qui a choisi de rompre avec la tradition économique du Metropolitan. Selon lui et ses adjoints, le nombre de ceux qui, malgré le «Pay-as-you-wish», s’acquittaient tout de même de la somme de 25 dollars était passé de 63% en 2004 à seulement 14% en 2017. Le prix moyen, ces dernières années, était de 9 dollars, selon les confidences de M.Weiss aux journalistes du Monde .

En raison de cette diminution, les finances du Met étaient entrées dans un stade critique, malgré son budget annuel de 305 millions de dollars et les nombreux donateurs mobilisés régulièrement. Grâce à la suppression du «Pay-as-you-wish» pour les touristes, la ville de New York, qui consacrait chaque année 3 millions de dollars au musée, va pouvoir revoir à la baisse sa participation. La fin de la gratuité pour les touristes au Metropolitan Museum of Art présente, semble-t-il, quelques avantages aux yeux des comptables de la municipalité américaine.